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Contrats12 min de lecture

8 éléments à inclure dans un contrat de montage vidéo

Les 8 éléments d’un contrat de montage vidéo freelance, du périmètre aux clauses juridiques, avec des formulations à copier.

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Khalil NajarFondateur de Revu · · Mis à jour le

La plupart des litiges de montage ne viennent pas d’un mauvais travail, mais d’une phrase manquante : personne n’a écrit combien de modifications étaient incluses, ni ce que « final » voulait dire. Un contrat n’a pas besoin d’être long. Il doit répondre aux huit questions que tout projet finit par poser. Elles sont ci-dessous dans l’ordre où un litige survient d’habitude.

01Parties et périmètre de la mission

Commencez par qui signe : nom ou raison sociale et adresse des deux parties (en France, ajoutez votre SIRET si vous en avez un), et la date. Puis nommez précisément les livrables : nombre de vidéos, durée, formats d’image et formats d’export. « Une vidéo promo » ouvre la porte à une version de 60 secondes, une de 15 secondes et trois versions verticales. « Un master 16:9 de 60 secondes » non.

Exemple de formulationLe monteur livre une (1) vidéo montée d’une durée maximale de 60 secondes en 16:9, exportée en MP4 H.264. Tout format ou version courte supplémentaire fait l’objet d’un devis séparé.
Ce qu’il faut écrire dans le contrat
  • « Le présent contrat couvre : [nombre] vidéos finales · [durée] chacune · [format] · [plateformes]. »
  • « Non inclus : motion design, versions supplémentaires, conversions de format ou adaptations de plateforme, sauf mention ci-dessus. »
  • « Tout travail hors de ce périmètre fera l’objet d’un devis séparé avant démarrage. »
AstuceSi un client demande quelque chose en cours de projet et que ce n’est pas au contrat, répondez : « Cela sort de notre périmètre actuel, je peux vous le chiffrer en supplément. » Puis faites-le par écrit.

02Délais et livraison

Indiquez quand la première version est due, en combien de temps vous rendez chaque révision, et sous quel délai le client doit envoyer ses retours. Les délais engagent les deux parties : si les rushs ou les retours du client arrivent en retard, vos dates glissent d’autant. Précisez aussi comment les fichiers sont livrés et combien de temps ils restent disponibles.

Ce qu’il faut écrire dans le contrat
  • « Le monteur livre la première version avant le [date] et chaque version corrigée sous [3] jours ouvrés après réception des retours. »
  • « Le client envoie ses retours sous [5] jours ouvrés après chaque version. Tout retard décale les dates suivantes d’autant. »
  • « Les fichiers finaux sont livrés via [lien/plateforme] et restent disponibles [durée]. Le client est responsable de les télécharger et de les sauvegarder. »

03Tours de révisions

Deux tours est la norme courante. Ce qui compte davantage, c’est de définir ce qu’est un tour : une seule liste de retours regroupés, envoyée en une fois, par une seule personne.

Un tour de révisions est un seul jeu de remarques, pas une conversation sans fin.

Indiquez dès le départ le tarif d’un tour supplémentaire : en demander un devient une simple décision, pas une négociation délicate. Quand les clients savent qu’ils ont deux tours, ils regroupent leurs retours et réfléchissent avant de parler.

Ce qu’il faut écrire dans le contrat
  • « Le présent contrat inclut deux (2) tours de révisions. »
  • « Tout tour supplémentaire est facturé [votre tarif] par tour. »
  • « Un tour de révisions correspond à un seul ensemble de remarques regroupées, et non à des messages isolés envoyés sur plusieurs jours. »
  • « Toute demande qui change la direction créative ou le périmètre est traitée comme une nouvelle prestation. »

04Validation écrite

Un pouce levé dans un groupe de discussion n’est pas une validation. Précisez comment se fait l’accord et qu’il clôt le tour, et gardez une trace de qui a validé quelle version, et quand. Liez le paiement du solde à cette validation : le solde devient exigible un nombre de jours fixé après la validation.

Ce qu’il faut écrire dans le contrat
  • « La validation correspond à la confirmation écrite du client sur une version précise. »
  • « Toute modification après validation est un nouveau projet. »

05Paiement et acompte

Demandez un acompte (de 30 à 50 % en général) avant d’ouvrir le planning, et liez le solde à la validation.

  • Acompte dû à la signature
  • Solde dû sous un délai fixé après la validation finale, fichiers master remis après paiement
  • Retards de paiement : pénalité forfaitaire ou intérêts au-delà de 30 jours
Ce qu’il faut écrire dans le contrat
  • « Un acompte de [30 à 50] % est dû avant le début des travaux. Le travail démarre à sa réception. »
  • « Le solde est dû sous [5 / 7] jours après la validation du projet. »
  • « Tout retard de paiement porte intérêt de [X] % par [semaine / mois] après l’échéance. »

06Annulation et indemnité

Des projets sont annulés, des clients disparaissent. Une indemnité d’annulation n’est pas une punition : elle rémunère le travail réalisé et l’agenda réservé. Précisez ce qui est dû à chaque étape, et qui peut annuler.

Ce qu’il faut écrire dans le contrat
  • « Si le client annule avant le début des travaux, l’acompte est [remboursable / non remboursable]. »
  • « Si le client annule après le début des travaux : 50 à 75 % du montant total est dû, selon l’avancement. »
  • « Si le monteur ne peut pas terminer le projet, l’acompte est intégralement remboursé. »
  • « Toute annulation doit être notifiée par écrit pour être valable. »
AstuceEnvoyez la clause d’annulation avec le contrat, pas après l’échec du projet. Cette conversation est bien plus difficile en pleine crise.

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07Droits d’utilisation

Précisez à qui appartiennent le montage final, les fichiers projet et les rushs. La plupart des monteurs cèdent les droits sur la vidéo finale au paiement intégral et gardent le droit de la montrer dans leur portfolio : écrivez les deux. En France et dans une grande partie de l’UE, les cessions de droits d’auteur s’interprètent strictement : listez les supports, le territoire et la durée plutôt que d’écrire « tous droits ». Ajoutez une ligne sur les droits musicaux si vous fournissez la musique : les clients republient souvent les vidéos sur de nouvelles plateformes sans voir le problème de licence que cela crée.

Ce qu’il faut écrire dans le contrat
  • « Après paiement intégral, le client reçoit [la propriété / le droit d’utiliser] la vidéo finale pour [supports], sur [territoire], pendant [durée]. »
  • « Les droits d’utilisation sont limités à [plateformes convenues], sauf accord écrit contraire. »
  • « Le monteur conserve le droit de présenter le travail achevé dans son portfolio et sur les réseaux sociaux. »

08Clauses juridiques : confidentialité, responsabilité, statut et droit applicable

Ce sont les clauses qu’on saute et qu’on regrette. Quatre lignes couvrent l’essentiel : la confidentialité des documents non publics de chaque partie, une limite de votre responsabilité (en général le montant payé, sauf là où la loi interdit une limite), votre statut indépendant (prestataire, pas salarié), et le droit applicable avec le mode de règlement des litiges. Les règles varient selon les pays : faites relire vos contrats par un professionnel pour les projets importants. Cet article est une information générale, pas un conseil juridique.

Ce qu’il faut écrire dans le contrat
  • « Chaque partie garde confidentiels les documents non publics de l’autre. »
  • « La responsabilité du monteur est limitée au montant payé pour le projet, sauf là où la loi n’autorise pas cette limite. »
  • « Le monteur intervient en tant que prestataire indépendant, et non comme salarié du client. »
  • « Le présent contrat est régi par le droit de [pays/région]. Les litiges relèvent de [tribunaux / médiation d’abord]. »

Rien de tout cela ne demande un langage juridique. Des phrases claires et simples, lues par les deux parties avant de commencer, vous éviteront plus de problèmes que n’importe quelle clause ajoutée après un litige.

Pourquoi j’ai écrit cet article. La plupart de mes propres problèmes avec des clients ont commencé avant le montage, avec un accord non écrit. Un contrat de deux pages et une validation claire m’auraient fait gagner plus de temps que n’importe quel nouveau logiciel.

Questions fréquentes

Combien de tours de révisions prévoir dans un contrat de montage vidéo ?

Deux tours est un usage courant pour les petits projets, mais c’est une convention, pas une règle. L’essentiel est d’écrire le chiffre, de définir un tour comme une seule liste de retours regroupés, et d’indiquer le prix d’un tour supplémentaire.

Quel acompte demander quand on est monteur freelance ?

Beaucoup de freelances demandent de 30 à 50 % du montant avant le début des travaux. Le montant est votre choix : inscrivez-le au contrat pour qu’il soit convenu dès le départ.

À qui appartient la vidéo à la fin du projet ?

Cela dépend de ce que dit le contrat. Beaucoup de monteurs cèdent des droits d’utilisation définis au client après paiement intégral, en gardant les fichiers projet et le droit de portfolio. Écrivez les droits cédés, avec supports, territoire et durée, plutôt que « tous droits ».

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Khalil Najar

Fondateur de Revu et monteur vidéo basé à Nice, en France. Dirige Naja Studio et a créé Revu pour en finir avec le chaos des retours et des validations client.